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Togo : la CEDEAO sur le banc des accusés

Louis KAMAKO
4 Min Read

Le Front « Touche Pas à Ma Constitution » vient de réagir à la sortie de la CEDEAO en lien avec l’actualité socio-politique du Togo. L’institution sous-régionale a appelé, dans un communiqué publié le 1er juillet, à un « dialogue inclusif » au Togo, alors que le pays traverse une nouvelle vague de contestation. Cette démarche est vivement critiquée par le Front « Touche Pas à Ma Constitution », qui accuse l’organisation d’hypocrisie et de complicité avec le pouvoir de Lomé.

Ce nouvel appel à la concertation intervient quelques jours après des manifestations populaires organisées les 26, 27 et 28 juin dans plusieurs villes du pays.

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Selon des organisations de la société civile, ces rassemblements pacifiques ont été violemment dispersés par les forces de sécurité et des milices pro-régime. Le bilan dressé par les militants évoque sept morts parmi les manifestants et plusieurs dizaines d’arrestations, dans un contexte de tensions croissantes. Officiellement, on ne reconnait aucun décès.

Face à cette situation, la CEDEAO a exhorté « toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue », une posture jugée intolérable par les opposants togolais, qui y voient une tentative de sauver le régime en place.

La Cedeao et les médiations antérieures au Togo

Le Front « Touche Pas à Ma Constitution » rappelle que ce n’est pas la première fois que l’organisation sous-régionale tente une médiation, sans résultats concrets selon eux. Déjà en 2017, une mission de la CEDEAO avait contribué à calmer la contestation sans résoudre la crise politique de fond. Plus récemment, en avril 2024, l’organisation avait été critiquée pour avoir validé, selon l’opposition, une révision constitutionnelle controversée, intervenue à moins de six mois des élections, en violation des propres règles de la CEDEAO.

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« Cela fait vingt ans que la CEDEAO protège le régime Gnassingbé au mépris des aspirations démocratiques du peuple togolais », accuse le Front, qui fustige un « double standard » de l’organisation, prompte à condamner les coups d’État militaires dans d’autres pays de la région, mais silencieuse face aux « coups d’État constitutionnels » perpétrés à Lomé.

La contestation actuelle se distingue des précédentes par sa base sociologique. Portée principalement par une jeunesse mobilisée sur les réseaux sociaux, elle dépasse désormais les cadres traditionnels des partis d’opposition et des organisations de la société civile, accusés d’avoir été affaiblis par le pouvoir.

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« Avec qui Faure Gnassingbé compte-t-il dialoguer ? Avec les blogueurs, les artistes, les jeunes manifestants qui réclament la fin de la dictature ? », s’interrogent les leaders du mouvement.

Le Front exige d’abord un retour immédiat à un ordre constitutionnel consensuel, respectueux des principes démocratiques. Il réclame également l’ouverture d’une enquête internationale indépendante afin de faire toute la lumière sur les violences commises contre les manifestants pacifiques.

Le mouvement demande dans le même temps, la libération sans condition de l’ensemble des prisonniers politiques actuellement détenus. Le Front revendique aussi la fin du régime autoritaire en place et appelle à l’ouverture d’une période de transition politique, destinée à refonder les bases d’un vivre-ensemble harmonieux et démocratique au Togo.

Enfin, le mouvement appelle la communauté internationale, notamment l’ONU et l’Union africaine, à sortir de leur silence sur la situation togolaise.

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