Le Vice-Président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné a reçu mardi 7 juillet à Abidjan, une délégation de haut niveau du Forum des Sages de l’Afrique de l’Ouest, conduite par l’ancien président béninois, Thomas Yayi Boni. Aux côtés de ce dernier, figuraient également Goodluck Jonathan, ex-chef de l’État nigérian, et Mohamed Ibn Chambas, diplomate chevronné et ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte régional sous tension, marqué par les incertitudes politiques, les transitions militaires et les menaces sécuritaires persistantes dans plusieurs pays membres de la CEDEAO. La prochaine élection présidentielle en Côte d’ivoire est au centre des attentions. Sans oublier d’autres situations sociopolitiques dans certains pays de la région.
Le Forum des Sages, composé d’anciens chefs d’État et de diplomates expérimentés, entend jouer un rôle d’interface neutre pour favoriser le dialogue national dans les pays confrontés à des blocages politiques ou institutionnels.
Le Forum des Sages mise sur la stabilité
Selon un communiqué de la Présidence ivoirienne, les échanges ont permis d’évoquer les défis communs de gouvernance, de sécurité et de cohésion sociale, tout en réaffirmant la volonté du Forum d’accompagner les États dans la consolidation démocratique.
Depuis son retour actif sur la scène diplomatique régionale, Thomas Yayi Boni multiplie les missions de médiation. Après avoir conduit des délégations au Mali, au Niger ou encore en Guinée-Bissau, il se positionne comme l’un des visages les plus constants du plaidoyer pour une transition apaisée vers la démocratie dans l’espace ouest-africain.
En Côte d’Ivoire, le Forum entend s’appuyer sur la stabilité institutionnelle du pays pour catalyser un leadership collectif sur les grands dossiers régionaux, à commencer par la réintégration des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans les mécanismes de coopération régionale, aujourd’hui en suspens.
En recevant cette délégation, le Vice-Président ivoirien a salué « l’engagement personnel » des membres du Forum pour la paix dans la sous-région. Il a réaffirmé le soutien des autorités ivoiriennes à toutes les initiatives diplomatiques et de bons offices qui visent à consolider la stabilité de l’espace CEDEAO.
Une Afrique de l’Ouest en quête de réconciliation
Cette rencontre intervient alors que l’organisation sous-régionale fait face à une remise en cause de son modèle d’intégration. La défiance exprimée par les régimes militaires au pouvoir dans plusieurs pays fragilise son autorité, tandis que des voix s’élèvent pour réinventer le cadre communautaire, jugé parfois trop rigide ou politisé.
L’initiative du Forum des Sages, portée par des figures respectées et expérimentées, apparaît comme une réponse soft power à la crise de confiance qui mine les institutions régionales. À travers des consultations discrètes mais régulières, les anciens chefs d’État souhaitent créer des passerelles entre les protagonistes politiques, les sociétés civiles et les institutions régionales, dans l’objectif d’ouvrir la voie à des transitions inclusives.
La visite à Abidjan ouvre une nouvelle séquence diplomatique pour le Forum des sages, qui prévoit dans les prochaines semaines d’intensifier ses consultations avec les autorités politiques et militaires des pays en transition.
En marge de la rencontre, Mohamed Ibn Chambas a rappelé que « la paix ne se décrète pas, elle se construit par le dialogue, la patience et la volonté partagée de bâtir un avenir commun ».
Dans une région confrontée à des bouleversements politiques récurrents, la voix des sages, nourrie par l’expérience du pouvoir et la distance du retrait, pourrait bien redevenir un levier stratégique de réconciliation.
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