Biométrie

Cedeao, Uemoa : Une intégration régionale à repenser d’après Diomaye Faye et Patrice Talon

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Bassirou Diomaye Faye et Patrice Talon

Mardi 15 juillet, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a effectué une visite officielle à Cotonou, marquant un moment fort de diplomatie bilatérale avec son homologue béninois, Patrice Talon. Ils ont affiché leur volonté de renforcer les liens économiques et plaidé pour une intégration régionale repensée. Les deux chefs d’État ont affiché une convergence de vues rare sur des sujets portant sur la CEDEAO et l’UEMOA.

C’est dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse que Bassirou Diomaye Faye, élu en mars dernier, a été accueilli au palais de la Marina. Après plusieurs mois marqués par des ajustements d’agendas diplomatiques, cette rencontre bilatérale, la première entre les deux dirigeants, a été l’occasion d’aborder « un large éventail de sujets », selon les mots du président sénégalais.

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Repenser les échanges entre le Sénégal et le Bénin

« Cette visite est un signe fort d’amitié et de fraternité, à quelques jours de notre fête nationale. Elle intervient à un moment crucial pour notre sous-région », a déclaré Patrice Talon lors du point de presse commun. Il a salué la lucidité et la volonté de son hôte de « faire bouger les lignes » au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont les mécanismes d’intégration apparaissent aujourd’hui plus fragiles que jamais.

Les deux présidents ont convenu de la nécessité d’intensifier les échanges économiques, notamment en matière de commerce, de transport et d’investissement privé. Malgré leurs positions géographiques éloignées, Dakar et Cotonou entendent renforcer leur coopération dans les secteurs porteurs, à commencer par le numérique, l’agro-industrie et l’énergie.

« Nous avons convenu qu’il nous faut passer à une coopération économique active. Le potentiel est là, il nous revient de l’activer au bénéfice de nos peuples », a insisté Bassirou Diomaye Faye.

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Réformes urgentes pour l’intégration régionale

Mais c’est surtout sur le plan régional que le duo Faye-Talon semble vouloir imprimer sa marque. La crise de gouvernance au sein de l’UEMOA, illustrée récemment par le bras de fer autour de la présidence tournante de son conseil des ministres, et les tensions croissantes avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont été au cœur des discussions.

Le président sénégalais a plaidé pour « une réforme profonde des institutions régionales afin qu’elles répondent mieux aux aspirations des peuples ». « La Cédéao ne peut plus se contenter de réunions symboliques et de communiqués convenus », a-t-il lancé, appelant à une approche pragmatique, fondée sur « la confiance mutuelle, le respect de la souveraineté des États et l’efficacité des mécanismes communautaires ».

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Le chef de l’État béninois a abondé dans le même sens : « Nous avons besoin d’une Cédéao plus inclusive, capable de dialoguer avec tous les acteurs, y compris ceux qui ont pris des chemins différents. »

À travers cette visite, Bassirou Diomaye Faye poursuit sa stratégie de repositionnement régional. Après le Nigeria, la Guinée-Bissau et le Ghana, le passage par Cotonou confirme son intention d’assumer un rôle de facilitateur dans une région en quête de cohésion.

Le Bénin, de son côté, cherche à s’imposer comme une plateforme diplomatique crédible, à la fois loyale aux institutions régionales mais ouverte au dialogue avec les pays en rupture, comme le Niger voisin.

En ces temps de bouleversements politiques et géopolitiques, l’axe Dakar-Cotonou pourrait bien devenir l’un des nouveaux pôles de stabilité et d’impulsion en Afrique de l’Ouest, dans la perspective d’un nécessaire renouveau de la gouvernance régionale.

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