Biométrie

Dussey: ‘Travailler pour la paix au Soudan, c’est œuvrer pour la paix en Afrique’

Didier ASSOGBA
5 Min Read

Les consultations entre les parties prenantes au conflit en cours au Darfour (Soudan) ont pris fin lundi à Lomé. Les échanges dirigés par le chef de la diplomatie togolaise, Prof Robert Dussey ont permis d’enregistrer des avancées significatives. A Lomé, il est convenu de créer un couloir humanitaire pour acheminer les aides vers les populations enclavées.

A Lomé, les échanges se sont déroulés entre politiciens, activistes politiques, universitaires, société civile du Darfour. A l’issue, ces acteurs se sont entendus sur la mise en place d’un couloir humanitaire pour acheminer les aides aux populations du Darfour.

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Les participants ont également pris l’engagement de travailler pour un retour de la paix totale.

Les avancées enregistrées à Lomé

Paterne Mombe, Conseiller aux affaires africaines au ministère togolais des Affaires étrangères a affirmé que les participants aux consultations de Lomé ont à cœur de « mettre un terme à cette guerre, à la tuerie, et tout ce qui les divise ».

« Dans l’immédiat, ils ont décidé d’œuvrer pour arrêter les tueries qui ont marqué la région du Darfour. Le deuxième élément qu’ils ont ressorti, c’est d’œuvrer pour le retour du Sultan, l’une des régions du Soudan, qui a quitté le pays pour aller vers le Tchad pour y trouver refuge. Pour eux, c’est un acte inacceptable qui a choqué. Ils ont choisi de prendre des mesures pour pouvoir restaurer le Sultan dans son sultanat et assurer sa sécurité», a-t-il détaillé.

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« Un troisième point soulevé, ce sont les mesures par rapport à la crise humanitaire qui accompagne la guerre. Avec les tueries et les massacres, beaucoup de personnes ont quitté le territoire et ceux qui sont sur place se battent pour avoir accès à la nourriture», a-t-il ajouté.

Selon M. Mombe, la communauté internationale éprouve des difficultés pour venir en aide à la population du Darfour qui est à l’Ouest du pays. Comme solution, les participants aux consultations de Lomé ont pris l’engagement d’assurer la sécurité des humanitaires qui sont prêts et qui voudraient venir en aide à ces populations enclavées. L’aéroport international qui se retrouve entre les mains d’un des groupes armés sera mis à disposition.

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« De Lomé, ils ont appelé et négocié avec ce groupe armé qui a accepté d’autoriser les humanitaires à acheminer les aides par cet aéroport pour les populations », a assuré Paterne Mombe.

Darfour
Les assises de Lomé

La paix au Soudan, la paix en Afrique

A l’occasion, Prof Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires Étrangères, de l’intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur a tenu à préciser que la rencontre de Lomé n’était pas une médiation.

Le chef de la diplomatie togolaise a indiqué que l’initiative vise à créer un espace de dialogue ouvert pour les dirigeants du Darfour, dans l’espoir d’atténuer les effets du conflit et de préserver l’unité de la société soudanaise. Une évolution qui pourra faciliter la reprise des négociations de paix menées par l’Arabie Saoudite, les États-Unis, les Nations unies et d’autres pays voisins du Soudan.

« Le Togo est un arbitre neutre. Nous n’avons aucun intérêt au Soudan. Tout ce qui nous importe, c’est la paix. Le Président Faure Gnassingbé est résolument engagé pour la paix sur le continent. Donc, travailler pour la paix au Soudan, c’est œuvrer pour la paix en Afrique », a précisé Prof Dussey qui souhaite un retour immédiat de la paix et la préservation des droits des Soudanais.

Depuis 4 mois, le Soudan est en proie à une guerre entre les paramilitaires (FSR) du général Mohammad Hamdane Dagalo et l’armée régulière (SAF) du général Abdel Fattah al-Burhane. Les combats ont déjà fait plus de 3.000 morts. Trois millions de Soudanais sont obligés de quitter leurs maisons et plus de 600.000 ont dû quitter le pays. Les combats continuent d’embraser tout le pays.

Depuis fin avril, le conflit a gagné le Darfour-Ouest. Les combats se sont déclenchés ensuite dans le Darfour-Sud.

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