De retour à la tête de l’État depuis janvier 2025, le président ghanéen John Mahama entend rassurer. À l’occasion d’une rencontre officielle avec le maire de Londres, Sadiq Khan, il a présenté les premiers résultats de ses réformes, qu’il veut novatrices et tournées vers l’avenir.
Six mois après son retour à la magistrature suprême, John Dramani Mahama se veut résolument optimiste. Le président ghanéen, qui a retrouvé le fauteuil présidentiel après avoir remporté la présidentielle de décembre 2024, a profité de la visite officielle du maire de Londres, Sir Sadiq Khan, à Accra, pour dresser un premier bilan d’étape. Et selon lui, les signaux sont encourageants.
La monnaie nationale, le cedi, montre des signes de stabilité, l’inflation commence à refluer, et la confiance des investisseurs étrangers serait en voie de restauration. Ces résultats, encore fragiles, s’inscrivent dans un contexte économique mondial instable et sur fond d’un endettement public jugé préoccupant par les institutions internationales. Mais John Mahama assume, et défend sa méthode.
« Nous avons hérité d’une économie sous pression, mais notre action rapide et coordonnée a permis de contenir les dérives les plus inquiétantes. Aujourd’hui, les fondamentaux reprennent progressivement des couleurs », a-t-il déclaré lors de son entretien avec le maire de Londres, dans les salons de la présidence.
John Mahama inspiré par Londres
Déterminé à imprimer sa marque dès ce nouveau mandat, John Mahama a fait de la transformation économique son cheval de bataille. L’une de ses initiatives phares : le lancement d’un programme d’« économie 24h/24 », inspiré du modèle londonien. L’objectif étant de dynamiser l’emploi des jeunes, diversifier les sources de revenus et s’adapter à l’urbanisation galopante qui bouleverse le paysage urbain du Ghana.
Une ambition que Sadiq Khan, chantre d’un Londres nocturne, n’a pas manqué de saluer : « L’économie de nuit peut être un puissant moteur de croissance et d’inclusion. Je suis heureux de voir que des villes africaines comme Accra s’en inspirent avec intelligence. »
Fidèle à ses engagements de campagne, John Mahama mise sur le numérique pour accélérer la modernisation de l’État et des services publics. FinTech, e-gouvernement, numérisation du cadastre, intelligence artificielle : le chef de l’État entend positionner le Ghana comme une future plaque tournante technologique en Afrique de l’Ouest.
Mais l’innovation ne se limite pas aux écrans. L’agriculture, secteur vital pour l’économie et l’emploi rural, figure aussi au cœur de sa stratégie. Le président promet un meilleur accès aux financements, des infrastructures modernisées et un appui aux filières de transformation locale.
Coopération renforcée avec Londres
La rencontre entre John Mahama et Sadiq Khan a aussi été l’occasion de réaffirmer les liens historiques entre Accra et Londres. Urbanisme, transport, gestion des déchets, lutte contre les inondations : autant de domaines dans lesquels le Ghana souhaite capitaliser sur l’expertise britannique. « Notre relation ne se limite pas à l’histoire. Elle doit s’ancrer dans une vision partagée de l’avenir », a souligné le président.
Le maire de Londres, quant à lui, n’a pas manqué de saluer l’apport de la diaspora ghanéenne au Royaume-Uni, particulièrement active dans les secteurs de la santé, des transports et des industries créatives. « Le Ghana peut être fier de sa diaspora. Elle est un pont vivant entre nos deux pays », a-t-il déclaré.
Alors que les attentes sociales restent élevées et que les défis budgétaires demeurent importants, John Mahama semble jouer la carte de la transparence et du volontarisme. « Nous ne prétendons pas tout résoudre en six mois, mais nous posons les bases d’un Ghana plus résilient, plus moderne, et plus équitable », a-t-il conclu.
Un message adressé autant aux investisseurs qu’aux citoyens, dans l’espoir que les promesses de transformation tiendront la distance.
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