Depuis jeudi matin, les Togolais sont appelés aux urnes pour élire leurs 1 527 conseillers municipaux dans les 117 communes pour le compte des élections municipales 2025. Faure Gnassingbé et les premières autorités du pays ont exercé leur droit de vote dans plusieurs localités. Ce scrutin, bien que discret suivant le constat fait à Lomé, s’inscrit dans la continuité du processus de décentralisation amorcé en 2019, et que le pouvoir souhaite désormais consolider.
Une participation aux municipales 2025 en sourdine
Face à près de 500 listes issues de partis politiques, de regroupements ou portées par des candidats indépendants, les près de 4 millions d’électeurs doivent choisir les figures locales qui seront chargées, pendant six ans, de piloter le développement communal. À Lomé, comme dans certains autres centres urbains, l’affluence est restée timide en ce jour de vote.
À la mi-journée, dans de nombreux centres de vote de la capitale, les électeurs se présentaient au compte-gouttes. Les files d’attente, souvent vides, témoignent d’un désintérêt relatif ou d’un engouement discret, malgré les enjeux liés à la gouvernance locale.
Un paradoxe dans un pays où les élections municipales avaient été longtemps suspendues – entre 1987 et 2019 – et où la mise en œuvre de la décentralisation est vue comme un gage de stabilité et d’efficacité administrative.
Le pouvoir en ordre de bataille
Ces élections municipales n’en restent pas moins suivi de près par les plus hautes autorités. Le président de la République, Jean-Lucien Savi de Tové, a voté dans la matinée au Collège Protestant Lomé-Tokoin, respectant scrupuleusement les formalités électorales avant de glisser son bulletin dans l’urne. Son geste se voulait symbolique, soulignant l’importance que l’exécutif accorde à l’ancrage local du pouvoir.
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a quant à lui accompli son devoir civique à Pya, dans sa commune natale de Kozah 2, au bureau de vote n°1 du Lycée Maman N’Danida. Une manière, là aussi, de montrer l’exemple, dans un climat où la légitimité locale devient un enjeu politique majeur.
Les ténors du régime mobilisés
Au sein du gouvernement démissionnaire, les ministres ont également répondu présent. À commencer par Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, président de l’Assemblée nationale, qui a voté à Kovié, tout en livrant une déclaration aux accents spirituels : « Dieu aime et continuera d’aimer notre pays le Togo », a-t-il affirmé, en référence à la nouvelle Constitution adoptée en mai 2024, dont le préambule invoque la protection divine.
Gilbert Bawara, ministre chargé de la réforme du service public, a été aperçu dans le bureau de vote 3 du centre du Lycée Agoé-Nyivé Est.
Sandra Ablamba Johnson, Ministre Secrétaire générale de la Présidence du Conseil a également voté à Aného. Elle a souhaité « Que chaque togolais saisisse cette occasion démocratique pour faire entendre sa voix dans les urnes ».
Isaac Tchiakpe, en charge de l’enseignement technique, figure de l’Union des forces de changement (UFC) s’est rendu à l’école Saint Antoine de Padoue à Hanoukopé. Tous ont insisté sur la bonne tenue du processus électoral, louant une campagne pluraliste, sans heurts, et marquée par l’absence d’appel au boycott des municipales 2025.
« J’y insiste : aucune formation politique légalement constituée n’a appelé au boycott ! », a martelé le ministre Tchiakpe, saluant le climat apaisé et républicain du scrutin.
Enjeux locaux, batailles nationales
Si les élections municipales de 2025 se jouent officiellement sur le terrain de la proximité et de la gouvernance locale, les calculs politiques à plus grande échelle ne sont jamais loin. Contrôler les communes, c’est aussi maîtriser les relais d’influence territoriaux, surtout dans un pays où les rapports de force entre partis restent marqués par la domination du pouvoir en place.
Les regards sont désormais tournés vers la Cour suprême, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs. Mais déjà, l’exécutif et ses soutiens affichent leur satisfaction d’un scrutin sans accrocs majeurs, dans un contexte sous-régional où les transitions brutales sont devenues monnaie courante.
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