Biométrie

Municipales au Togo : UNIR rafle 75% sièges de conseillers

Didier ASSOGBA
3 Min Read

À l’issue des élections municipales au Togo, l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir) s’adjuge 1 150 des 1 527 sièges à pourvoir. Il s’agit là des résultats provisoires rendus publics lundi par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Un score qui équivaut à près de 75 % des sièges de conseillers municipaux, confirmant une fois encore la domination de l’appareil présidentiel sur l’échiquier politique togolais.

Cette large victoire permet à UNIR, déjà majoritaire à l’Assemblée nationale et dans les conseils régionaux, de verrouiller davantage les rouages du pouvoir local. Une dynamique électorale qui s’inscrit dans la continuité de son succès aux législatives et régionales d’avril 2024.

- Advertisement -

Émergents et indépendants en progression

Derrière, l’opposition peine à exister. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre ne sauve que 51 sièges, soit à peine 3 % du total, loin de ses ambitions déclarées de « reconquête populaire ». Autre acteur historique de l’opposition, l’Union des forces de changement (UFC) fondée par Gilchrist Olympio, se contente de 38 sièges, confirmant son effritement progressif depuis le pacte de gouvernement conclu avec le pouvoir en 2010.

Dans un paysage politique dominé par UNIR, quelques forces émergentes tirent néanmoins leur épingle du jeu. L’Alliance démocratique pour le développement intégral (ADDI), qui s’est illustrée par une progression significative aux dernières législatives, confirme sa montée avec 34 sièges de conseillers. Un résultat modeste, mais qui consolide sa place dans le spectre politique national.

Plus inattendue, la percée du regroupement indépendant « Togolais, viens, agir » (TOVIA) crée la surprise. Fondée par Joseph Gomado, ministre du Développement des territoires et ancien cadre de l’ANC, cette plateforme rassemblant des démissionnaires du parti de Jean-Pierre Fabre et du Nouvel engagement togolais (NET), récolte 24 sièges. Cette structure s’imposant devant des partis plus anciens comme le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD, 21 sièges), en difficulté depuis la disparition de son fondateur Agbéyomé Kodjo, ou encore les Forces démocratiques pour la République (FDR) de Dodji Apévon.

- Advertisement -

En attendant les résultats définitifs des municipales au Togo

Ces résultats restent toutefois provisoires. Conformément aux dispositions constitutionnelles, la Cour suprême doit encore valider le scrutin après examen des éventuels recours. Les partis et listes indépendantes disposent de quelques jours pour contester les résultats dans les juridictions compétentes.

Mais il n’y a pas de surprise qui tiendra. La physionomie du pouvoir local semble d’ores et déjà scellée : UNIR continue d’exercer une domination quasi sans partage sur l’ensemble des structures administratives du pays. Une domination qui, à défaut de véritable contre-pouvoir institutionnel, pose à nouveau la question de la vitalité démocratique au Togo.

- Advertisement -

Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp

Share This Article