Biométrie

Robert Dussey : ‘l’Afrique doit s’affirmer et s’autodéterminer’

Didier ASSOGBA
4 Min Read

C’est un rendez-vous désormais incontournable de la scène diplomatique togolaise. Le 3 septembre, Prof Robert Dussey a officiellement lancé sa Rentrée diplomatique 2025 à Lomé, autour du thème : « Nouvelles rivalités géopolitiques et autonomie stratégique de l’Afrique ». L’événement a réuni diplomates, intellectuels, journalistes, souverainistes et penseurs panafricanistes. Il a donné lieu à des échanges nourris sur les défis sécuritaires, démocratiques et économiques qui traversent le continent.

Appel de Robert Dussey

Pour le chef de la diplomatie togolaise, le professeur Robert Dussey, la rencontre vise à pousser l’Afrique à se positionner en véritable actrice de son propre destin dans un monde en recomposition.

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« L’Afrique, toujours au centre des convoitises, doit s’assumer comme un continent d’avenir et se positionner en actrice qui compte pour elle-même. L’Afrique doit se prendre en charge, s’affirmer et s’autodéterminer », a-t-il insisté.

Il a promis que la diplomatie togolaise continuera de faire entendre la voix du pays et celle du continent sur les grandes tribunes internationales.

Robert Dussey estime que les États africains doivent être capables de définir eux-mêmes les termes de leurs relations avec le reste du monde et non plus subir des rapports déséquilibrés. Il a rappelé l’initiative portée par le Togo au sein de l’Union africaine visant à qualifier l’esclavage, la déportation et la colonisation comme des crimes contre l’humanité et de génocide contre les peuples d’Afrique. Elle a été approuvée par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA.

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« Cette qualification est un chemin indispensable pour la mémoire des peuples africains. Il n’est pas normal que ce qui s’est passé sur ce continent ne soit pas reconnu comme crime contre l’humanité et génocide », a martelé Prof Dussey

Vers un “Pacte de Lomé”

Invité d’honneur de la Rentrée diplomatique 2025 du Togo, Abderaman Koulamallah, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères, sénateur et président du groupe parlementaire Les Refondateurs, a poussé plus loin la réflexion en appelant à un instrument contraignant pour concrétiser les ambitions africaines.

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« L’agenda 2063 de l’Union africaine ne doit pas rester un document protocolaire. Il doit se traduire en engagements clairs », a-t-il plaidé avant de proposer la création d’un “Pacte de Lomé”.

Selon lui, ce pacte, adossé à la ZLECAF, permettrait aux pays africains d’allouer une part de leur PIB à des projets prioritaires, notamment dans la recherche scientifique et l’agriculture de précision grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif visé est d’accélérer l’intégration économique et faire du Togo la plateforme de lancement de cette « nouvelle économie africaine ».

Cette Rentrée diplomatique s’est achevée sur un message d’optimisme, les participants appelant de leurs vœux à une rupture définitive avec la « tutelle impérialiste » qui freine encore l’émergence du continent. Dans un monde de plus en plus multipolaire, le Togo espère ainsi contribuer à redessiner la place de l’Afrique sur l’échiquier international, en passant de l’objet au sujet de la géopolitique mondiale.

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