Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) a ouvert mardi à Kpalimé des assises citoyennes sur la rémunération dans la santé au Togo. Les travaux permettront de poser les bases d’une convention collective de la santé au Togo. Selon le syndicat, il est temps de mettre fin à la paupérisation des agents de santé.
Au Togo, il existe encore des médecins qui sont payés à 150 mille francs, des infirmiers diplômés d’Etat, des sages-femmes diplômés et d’autres paramédicaux qui sont rémunérés à 75 mille. Pire, ils ne sont ni déclarés à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) ni bénéficiaires d’une assurance maladie.
Toutes ces réalités sont débattues aux assises citoyennes sur la rémunération dans la santé en Kpalimé.
La rencontre enregistre la participation de la plateforme du secteur privé, des promoteurs des cliniques privées, des acteurs du monde syndical, des employeurs et des employés entre autres.
Pendant 3 jours, les praticiens hospitaliers et leurs partenaires vont travailler pour convenir d’une convention collective de la santé au Togo
Des assises nécessaires
Ces assises se tiennent grâce au soutien de CCFD Terre Solidaire. Elle offre l’occasion aux participants d’évaluer et de réfléchir sur la rémunération et élaborer une feuille de route pour une convention collective dans le secteur de la santé au Togo.
De ce fait, des personnes ressources chevronnées outillent les participants sur l’élaboration et la présentation d’une grille salariale. Des études comparatives des différentes grilles salariales des agents de santé dans la sous- région sont aussi exposées.
Selon le Synphot, la tenue des assises réponde à la recommandation du Bureau International du Travail (BIT) sur la nécessité de rendre le secteur de la santé plus attractif.
« Le dernier rapport du BIT sur le secteur de la santé après la pandémie montre que d’ici les années 2030, il y a une pénurie terrible de ressources humaines dans le secteur de la santé ; le secteur n’est plus attractif car les praticiens ne sont pas rémunérés à leur juste valeur. Il nous avait été demandé alors de mener des réflexions sur la rémunération des acteurs de la santé. Au Togo, nous y sommes et nous nous engageons pour la procédure de mise en branle d’une convention dans le secteur de la santé », a précisé Dr Gilbert Tsolenyanu.
Le secrétaire général du Synphot assure qu’il est impérieux de garantir de meilleures conditions de vie et de travail aux agents de santé qui s’occupent des vies humaines.
Au-delà de la convention collective
Pour ce chirurgien, au-delà de la convention collective, les assises vont aussi aider à choisir un modèle de grille devant permettre d’aller vers la conception et la proposition d’une grille salariale pour les agents de santé au Togo.
Le débat sera fera dans un dialogue social entre employeurs et employés pour œuvrer à sortir ce document qui va assainir le secteur de la santé.
« Dès qu’on aura cette convention, aucune clinique, aucune entreprise de santé ne pourra plus engager un agent de santé sans se référer à ce document. Nous ne voulons plus de la paupérisation programmée des acteurs de santé que nous sommes mais qu’on ait une considération pour nous qui sauvons des vies », a réitéré Dr Tsolenyanu.
Les journées de réflexion sur la rémunération des agents de la santé et des personnels soignants font partie des actions syndicales de grandes envergures annoncées il y a un an par le Synphot à l’occasion de la 72è journée mondiale de la santé.







