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Togo. L’Appel de l’Église Évangélique Presbytérienne suite aux manifestations

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Des manifestants dans les rues de Lomé

À travers une lettre pastorale aussi sobre que déterminée, publiée à l’issue de sa session tenue du 7 au 11 juillet 2025 à Kpalimé, l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) a brisé le silence face à l’actualité sociopolitique du pays. Dans un contexte marqué par des manifestations réprimées et un climat politique crispé, la plus ancienne Église protestante du pays appelle au respect de la vie humaine, à la libération des détenus politiques et à une réconciliation nationale profonde.

Les mots sont pesés, mais leur portée est lourde de sens. Le Comité synodal de l’EEPT revient longuement sur les manifestations des 6, 26, 27 et 28 juin 2025, durant lesquels des citoyens ont trouvé la mort dans un contexte de répression de manifestations au Togo. Sans ambages, l’Église condamne fermement les violences, quelle qu’en soit l’origine, et rappelle un principe fondamental : « toute vie humaine est sacrée ».

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Un rappel d’autant plus fort qu’il émane d’une autorité spirituelle qui, historiquement, a toujours privilégié la prudence face aux tensions politiques.

Dans sa lettre, l’EEPT déplore les pertes en vies humaines, adresse ses condoléances aux familles endeuillées, et exprime sa solidarité aux blessés. Elle souligne la gravité de ces événements, qui traduisent, selon elle, la persistance de crises structurelles au sein du pays.

Au-delà des drames humains, le message pastoral pointe du doigt un climat politique de plus en plus délétère. Le Comité synodal se dit « préoccupé par la situation des détenus politiques et d’opinion », dont il demande la libération immédiate, estimant que leur incarcération contribue à l’effritement du climat de confiance, et alimente des tensions déjà explosives.

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L’Église ne s’arrête pas là. Elle évoque la détérioration du pouvoir d’achat, la montée de la précarité économique et la fragilité du tissu social, qu’elle juge incompatibles avec les aspirations à la dignité humaine. Autrement dit, au Togo, la crise n’est pas seulement politique : elle est aussi sociale, morale, et spirituelle.

Propositions de l’Église Évangélique Presbytérienne

L’EEPT ne se contente pas de constater. Elle propose. Dans sa lettre, elle invite l’ensemble des forces politiques à s’engager dans une dynamique de paix, de dialogue et de réconciliation nationale. Mais là encore, elle met en garde contre les illusions d’une réconciliation superficielle.

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Pour l’Église, celle-ci ne pourra advenir que si elle s’enracine dans un repentir sincère et un pardon véritable. Une paix de façade, dictée par le rapport de force, ne saurait guérir les blessures profondes ni restaurer la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

« Le Togo ne sortira de ses crises récurrentes que s’il est gouverné dans un esprit démocratique, avec des institutions fortes, capables de garantir la liberté d’expression, la tolérance, et le respect de toutes les opinions politiques et convictions religieuses », prescrit l’Église Évangélique Presbytérienne du Togo.

Malgré le constat sévère, la lettre pastorale se conclut sur un message d’espérance. Fidèle à sa vocation spirituelle, l’Église appelle les Togolais à ne pas céder au désespoir. « L’espérance qui est devant nous est encore plus forte », peut-on lire, comme un rappel que, malgré les secousses, le peuple togolais n’a pas dit son dernier mot.

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