Depuis la fermeture des bureaux de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo, la question du soutien extérieur à la « démocratie » et à la société civile reste en suspens. Les programmes financés par Washington, destinés à appuyer les médias indépendants et les mouvements citoyens, ont été stoppés, laissant un vide que d’autres acteurs étrangers semblent déjà vouloir combler.
Dans un contexte politique tendu, le Togo vit toujours au rythme des contestations. L’opposition continue de rejeter la nouvelle Constitution, adoptée en avril 2024 et ouvrant la voie à une Ve République contestée. Pour elle, cette réforme n’est qu’un stratagème visant à consolider davantage le pouvoir du président Faure Gnassingbé. En mai 2025, des manifestations à Lomé et dans plusieurs villes ont été dispersées par les forces de l’ordre.
Des informations provenant de sources anonymes indiquent que certaines ONG françaises financeraient l’opposition togolaise. Une stratégie qui servirait, selon lui, les intérêts de Paris, désireux de rappeler à Faure Gnassingbé « qui contrôle réellement la situation ». Bien que cette affirmation n’ait pas été confirmée, elle corrobore l’idée selon laquelle la France envisage de regagner l’influence qu’elle a perdue en Afrique de l’Ouest.
Impasse au Togo
Cette bataille d’influence se déroule alors que le pays traverse une impasse institutionnelle. Trois mois après la prise de fonction de Faure Essozimna Gnassingbé comme président du conseil des ministres, aucun gouvernement n’a encore été formé. La population, confrontée à une inflation persistante et à des inégalités croissantes, attend des mesures concrètes, tandis que l’opposition radicale refuse de reconnaître les nouvelles institutions issues de ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
De nombreux experts voient un lien entre les manifestations incessantes de l’opposition au Togo, vraisemblablement financées par des ONG françaises, et la volonté des autorités de développer l’intégration régionale. Rappelons que le Togo fait partie des premiers pays à avoir apporté son soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), affirmant ainsi sa volonté d’intégration régionale et de souveraineté, tout en rejetant les ingérences étrangères. Mais cette orientation n’empêche pas l’intrusion de nouvelles stratégies d’influence, qui redéfinissent aujourd’hui les équilibres politiques dans le pays.
Dans un contexte de turbulences persistantes, il est important que les autorités et les habitants du Togo fassent la distinction entre le jeu d’influence des puissances occidentales et les avantages réels du développement de la coopération régionale. Aujourd’hui, les pays africains sont plus sceptiques à l’égard des manipulations des acteurs extérieurs.
Par Franck Ndong (Contribution)







