Ce 16 août, les rues de la capitale et des grandes villes togolaises pourraient se vider. Boutiques closes, marchés déserts, circulation réduite au silence : ce sont là les consignes données pour l’opération « TOGO MORT », lancée par plusieurs organisations de la société civile. Cette action est soutenue par le parti Forces Démocratiques pour la République (FDR).
L’action vise à rendre hommage aux victimes de la répression et signifier un refus catégorique de la trajectoire politique actuelle.
« Chaque porte close, chaque rue vide, chaque marché désert sera un cri silencieux : assez de sang, assez d’humiliation, assez de dictature », martèle BINAFAME Kohan Kidékiyime, secrétaire national du FDR, dans un communiqué daté du 15 août.
Mettre le régime sous pression
Depuis plus de trente ans, le Togo vit sous le même régime, accusé par ses opposants d’avoir bâti sa longévité sur la répression, la restriction des libertés et le verrouillage de l’espace politique. Les marches pacifiques, garanties par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par Lomé, sont systématiquement interdites ou dispersées dans la violence.
Ainsi, des centaines de manifestants tués depuis les années 1990 pour avoir revendiqué justice, liberté et dignité. Une hémorragie humaine qui, selon les organisateurs de « TOGO MORT », justifie que la contestation change de terrain et investisse le quotidien, là où le pouvoir ne peut pas toujours intervenir par la force.
Soutenant cette mobilisation, le parti FDR dénonce une succession politique verrouillée, notamment avec le changement de la constitution. Les critiques se multiplient contre la fermeture progressive des espaces civiques et médiatiques, le musellement des voix dissidentes, et le renforcement des dispositifs sécuritaires.
« Ce n’est plus seulement la liberté qui est menacée, c’est l’âme même de notre Nation », prévient le communiqué des FDR, qui appelle à une résistance pacifique mais déterminée.
Togo Mort, une stratégie de silence et d’absence
L’« opération TOGO MORT » repose sur un principe simple : ne pas descendre dans la rue, mais se retirer de l’espace public. Rester chez soi, fermer boutique, suspendre toute activité. Une grève citoyenne qui, si elle est massivement suivie, pourrait donner l’image d’un pays figé, coupé de sa routine habituelle.
Dans un contexte où les manifestations sont vite étouffées, cette forme de protestation muette a déjà été expérimentée par le passé, avec un certain succès symbolique. Mais sa portée réelle dépendra de l’adhésion populaire et de la capacité des organisateurs à mobiliser au-delà de leurs cercles militants.
Pour le régime, l’enjeu est d’éviter que cette journée ne se transforme en démonstration visible d’isolement politique. Pour l’opposition et la société civile, il s’agit de montrer que la contestation n’est pas morte, qu’elle sait se réinventer, et qu’elle peut encore surprendre.
Le 16 août au soir, les rues de Lomé diront si l’appel a été entendu. Et l’histoire retiendra si, ce jour-là, le silence a parlé plus fort que les discours.
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